Quels paysages nourrissent mon quotidien et mon imaginaire ? À partir de l’observation et de l’enquête sur le terrain, et des émotions, je tente de tisser et partager une relation essentielle à ce qui m’entoure.
Originaire des villes aux mille cheminées, j’étudie en premier le pouvoir de transformation des paysages de mon enfance qui se désindustrialisent. Dans les séries Jachère en 2011 et Chronique en 2013, je crée des journaux photographiques inspirés de l’auto-fiction pour faire parler ces « paysages mémoire » comme futurs lieux de transformation .
Plus tard, je mets en relation le paysage dit naturel et l’action de l’humain. En 2018 je travaille à l’Espace photographique Arthur Batut pour faire dialoguer patrimoine industriel et la Montagne Noire dans la série Faces. J’y assemble des photographies terriennes et aériennes exposées à ciel ouvert sur un ancien site industriel. La même année, j’élabore à propos de l’identité paysagère catalane, l’installation Paysage-frontière sur les murs de Portbou pour le festival transfrontalier Fotolimo. J’expose aussi pendant le mois de la Photographie, au CAPLE à Céret, la série Des montagnes réalisée sur papier mâché fabriqué à partir d’anciens emballages agroalimentaires récoltés sur place en résidence.
Je transforme aussi des sites abandonnés en espace d’exposition temporaire à partir de techniques d’affichage, une installation tout terrain appelée Photo-Action.
Depuis 2023, j’écris et performe des protocoles de lecture de paysages in situ. Grâce à ma boîte à outils de photographe et à des entretiens avec les habitants, je décris un paysage en y associant les sensations des participants pour susciter une expérience collective immersive.
En 2024, l’exposition L’émotion des paysages me permet d’explorer le caractère indiscipliné du paysage en présentant 3 travaux en cours. Le premier : “Ciel, terre liquide”, j’y poursuis la fascination de plusieurs artistes et scientifiques au sujet des nuages et je crée une archive-paysage de nuages à partir d’un protocole de prise de vue avec polaroids. “Attention à la date”, le deuxième travail est une table de recherche participative avec les publics pour créer un calendrier de connexion à la nature en s’inspirant des journées internationales initiées par l’UNESCO. “Sentiers sauvages”, le troisième travail est une recherche plastique autour de la trace des animaux dans les paysages des humains.
Depuis 2025, en résidence à la Maison Composer en Puisaye dans l’Yonne, je poursuis cette recherche sur les animaux et je collabore avec une pisteuse d’animaux pour concevoir un carnet image/pistage sur la cohabitation des animaux non domestiqués avec les agriculteurs.

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