Oui, la science est une culture,
Et oui arts et sciences c’est un bon duo !
Par Natacha Duviquet, déléguée générale
Le festival a pris place les 12 et 13 juin à Ground Control, Paris pour parler vulgarisation scientifique.
Le festival Double Science est joyeux, scientifiquement drôle tout en n’omettant pas les sujets qui nous préoccupent. Il propose des formes inattendues pour que la science ne soit pas un cauchemar de nos vies scolaires mais bien l’acquisition de connaissances surprenantes sous un mode décalé : comedy show, spectacle vivant, expérimentations foutraques, tout est bon pour nous redonner goût à la science.
Mais les débats plus classiques sous forme de tables rondes n’ont pas été oubliés lors de la journée professionnelle.
L’heure est à l’inquiétude. Deux sujets pour deux tables rondes :
- Le statut associatif des CSTI (Centres de culture scientifique et industrielle) est-il remis (ou à remettre en cause) ?
- Science et culture pourquoi le mariage n’a-t-il (pas encore) eu lieu ?
La première table ronde, animée par Dounia Saez, co-fondatrice du festival, réunissait Claudia Aguirre de l’association TRACES, Noémie Lozac’h-Vilain directrice de Acoustica Reims et Melody Tonelli adjointe à la ville de Paris. La question des financements était bien sûr à l’ordre du jour. Fragilisation ou disparition de lieux et d’initiatives, chiffres alarmants : – 41% de financements sur 20 ans, 30% des associations ont moins de 3 mois de trésorerie. 30% d’emplois supprimés dans le secteur de l’éducation populaire et 90 000 postes en danger.
Des libertés associatives chahutées.
Alors les associations tentent d’innover en hybridant leurs financements, mais jusqu’où ce modèle est-il viable sans une politique publique investie et convaincue que la connaissance scientifique forme des citoyen.ne.s averti.e.s.
Mélody Tonneli insiste sur la nécessité de faire collectif, de s’organiser en coopératives. Je partage ce point de vue et espère que ce ne sera pas un vœu pieux.
J’intervenais sur la deuxième table ronde : Science et culture, pourquoi le mariage le n’a-t-il (pas encore) eu lieu ? Une question bien complexe que nous avons abordé aussi sous l’angle des collaborations arts sciences en compagnie de l’autrice de science-fiction Floriane Soulas, de Jeremy Quérenet, médiateur scientifique et directeur du service science, arts, culture à l’Université de Franche-Comté.
Le débat avec la salle a été animé par Jean-Marc Galan.
Une rencontre très animée avec beaucoup de questions et de réflexions avec le public composé de médiateur.trice.s, de chercheur.se.s, d’artistes et de quelques institutionnels.
Le mariage entre arts et sciences a t’il lieu ? Dans la salle plus de 30% des présent.e.s ont participé à un projet arts et sciences. Aujourd’hui, près de 90 structures, d’artistes et de scientifiques sont membres de TRAS. De nombreux projets essaiment dans les universités, sur les territoires, dans les théâtres et centres d’art. Les collectifs hybrides réunissant artistes et scientifiques ne cessent de croitre. La question semble ne plus se poser dans la société. La dynamique est en action.
Là où tout reste encore à faire c’est sur la compréhension de ce que produit arts et sciences, des enjeux de co-recherche scientifique et artistique, (de la recherche académique et de l’extra-académique) et du soutien des politiques publiques au niveau des ministères (Ministères de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la Culture, de l’Education..).
Nous étions tou.te.s, les trois intervenant.e.s, unanimement convaincu.e.s de la capacité transformatrice de ces projets.
A noter aussi les doubles cursus de beaucoup d’acteur.trice.s qui allient science et art pour le meilleur comme Floriane Soulas qui manie écriture de SF et aéronautique et dans la salle, de nombreux.se.s jeunes artistes et/ou scientifiques qui revendiquent des doubles cursus ou une double approche.
Et au-delà des collaborations arts et sciences, la culture est-elle scientifique et la science est-elle une culture ? Les personnes présentes dans la salle en étaient convaincues. Mais toutes se posaient la question de comment défendre ce point de vue, comment démultiplier les projets dans ce contexte de forte précarité des artistes et de la recherche.
Il nous reste encore beaucoup à faire pour convaincre, mais vu les retours des personnes présentes, tout cela nous semble en bonne voie.
Pour faire le lien avec les premiers débats, faisons donc collectif.
Pour sourire, un clin d’œil sur Instagram à Elise Bordet (@Elise.Bordet_), ingénieure agronome et humoriste et à Célia Pelluet (@celiablaguedetrop), docteure en physique quantique et humoriste, présentes en soirée lors du comedy show sur les enjeux environnementaux.

