Écrire ne se fait jamais sans contraintes, même minimes. Celles-ci peuvent être matérielles, institutionnelles, temporelles, discursives, méthodologiques ou encore politiques ; elles peuvent être choisies, imposées, négociées ou héritées. Leurs effets sont aussi variés qu’opposés, puisqu’elles peuvent tout autant limiter que stimuler la créativité, autant produire de la connaissance qu’entraver l’exploration.

Replacer la contrainte au centre de la réflexion (le temps d’un colloque du moins) nous permet de rappeler que les écritures alternatives ne constituent ni un détour récréatif ni une voie de facilité : elles engagent des apprentissages, des temporalités, des manières de faire spécifiques. Interroger la nature de ces contraintes, les façons dont chacun et chacune arrive à les maîtriser, à s’y ajuster ou à en jouer est une manière de déplacer la focale.

Pour cette édition de Faire-Dire, deux appels sont ouverts : un appel à communication (autour de retours d’expériences) et un appel à atelier.

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Dire les contraintes : appel à contribution

Un des enjeux — le plus évident peut-être — est d’abord d’identifier les contraintes généralement passées sous silence : quelles sont-elles, en fonction du médium investi ou du type de projet développé, par exemple ? Existe-il des contraintes propres aux écritures alternatives ? Ou propres aux contextes dans lesquelles elles se développent ? Les contributions pourront aussi s’attacher à montrer comment ces contraintes ont été négociées en pratique : comment il a été possible (ou non) de faire avec elles, de les contourner ou au contraire d’en faire un levier. On pourra s’intéresser à la contrainte comme moteur productif pour les écritures alternatives de la recherche, dans le sillage des réflexions sur la fécondité des cadres, des règles et des limitations volontaires ; mais aussi à la manière dont les écritures alternatives peuvent elles-mêmes devenir une forme de contrainte, voire d’injonction. À l’heure où les écritures alternatives sont de plus en plus valorisées en effet (dans les appels à projets comme dans les curriculum vitae par exemple), y-a-t-il un risque de se voir contraint d’écrire autrement ? À partir de quel seuil les écritures alternatives cessent-elles d’ouvrir des possibles pour devenir, à leur tour, normatives ? Les propositions pourront préciser à quelles catégories de contraintes elles se réfèrent (voulues, subies, souhaitées, négociées, imposées…). Plus largement, il s’agira de réfléchir collectivement à la manière dont les écritures alternatives de la recherche contraignent le dire autant que le faire : pour qui, selon quelles modalités, pour quels effets.

Faire sous contraintes : appel à atelier

Les journées Faire accueilleront également des propositions d’ateliers, conçus comme des espaces d’expérimentation et de partage de pratiques. Dans ce cadre, la contrainte pourra être envisagée sous des formes variées : consigne, règle du jeu, protocole, partition, dispositif, etc. L’atelier pourra aller d’une proposition brève — par exemple une « simple » consigne suivie d’un temps de travail d’une heure — à un format plus long, pouvant se déployer sur une demi-journée voire plusieurs jours. L’objectif transversal aux propositions devra être de permettre aux participants et aux participantes de s’essayer à la contrainte, d’en ressentir ou d’en analyser les effets. Chaque proposition devra comporter une modalité de restitution du travail collectif réalisé, qui prendra place dans la programmation des journées, et pourra faire l’objet d’un billet de blog. Il sera également précisé dans les propositions, outre la durée de l’atelier envisagée les modalités de participation (voir ci-dessous), les éventuels prérequis matériels ou spatiaux, et surtout la manière dont la contrainte y sera mobilisée, explorée et discutée avec les participants et participantes.

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