Artiste numérique et plasticien basé à Lyon, je développe depuis plusieurs années une pratique artistique à la croisée des arts visuels, des technologies immersives et des problématiques contemporaines. Après un parcours dans la communication visuelle, j’ai progressivement orienté ma recherche vers la création d’environnements numériques, d’installations immersives et d’expériences sensibles mêlant vidéo, lumière, son, données et dispositifs interactifs.

Ma pratique s’articule autour d’une idée centrale : rendre perceptibles des phénomènes invisibles. Qu’ils soient psychologiques, climatiques, technologiques ou sociaux, ces états invisibles deviennent dans mon travail des formes lumineuses, organiques ou génératives qui oscillent entre fascination et inquiétude. J’utilise pour cela des outils comme la 3D temps réel, TouchDesigner, l’intelligence artificielle, la photogrammétrie, la réalité virtuelle ou augmentée, mais également des approches plus low-tech mêlant impression lenticulaire, matériaux recyclés ou bio-matériaux.

Le numérique est pour moi autant un outil qu’un matériau sculptural. La couleur, la lumière, le mouvement et les flux de données deviennent une matière vivante permettant de créer des espaces sensibles où le spectateur est pleinement impliqué. Mes installations cherchent souvent à placer le visiteur dans une position ambivalente : entre contemplation et perte de repères, entre immersion et prise de conscience critique.

Depuis plusieurs années, je développe une recherche autour des relations entre humains, technologies et états contemporains. Des projets comme Breathing, réalisé dans le cadre d’une résidence Art & Science avec ClimatEurope2 et le Centre de Promotion de la Science de Belgrade, transforment des données climatiques en expérience audiovisuelle immersive afin de rendre tangible l’urgence écologique. À travers vidéo, lumière et son, l’œuvre met en tension données scientifiques et expérience émotionnelle.

Avec Grotte, développé à la suite d’échanges avec des chercheurs en neurosciences au Campus Biotech de Genève, j’explore les symptômes post-traumatiques liés à l’isolement forcé et les espaces mentaux fragmentés. Cette œuvre en réalité virtuelle plonge le spectateur dans un environnement introspectif et labyrinthique où perception, mémoire et états psychiques se confondent.

D’autres projets comme Chrysalide ou Ola prolongent cette réflexion à travers des dispositifs participatifs et génératifs. Dans Chrysalide, des rêves collectés auprès des habitants sont interprétés par une intelligence artificielle afin de produire des formes mouvantes inspirées des motifs de chenilles et des tests de Rorschach. L’installation devient alors un espace de projection collective questionnant notre capacité à imaginer des futurs communs. Ola, quant à lui, explore les dynamiques de foule, les émotions collectives et la notion de communion à travers une chorégraphie numérique participative.

Mon travail s’inscrit dans une démarche profondément transdisciplinaire où les collaborations avec des chercheurs, ingénieurs, climatologues, neuroscientifiques ou structures culturelles occupent une place essentielle. Je considère ces échanges non comme des illustrations scientifiques mais comme des terrains de recherche permettant de produire de nouvelles formes sensibles et critiques.

Parallèlement à mes installations, je mène également des ateliers et projets de médiation autour des pratiques numériques contemporaines. Ces temps d’échange me permettent de questionner collectivement les usages des technologies, des réseaux sociaux, des intelligences artificielles ou des représentations numériques de soi. J’accorde une attention particulière à la participation des publics et à la création d’expériences accessibles, où chacun peut devenir acteur de l’œuvre.

À travers mes projets, je cherche avant tout à créer des espaces de perception capables de révéler les tensions invisibles de notre époque : surcharge cognitive, éco-anxiété, mutations technologiques, transformations des récits collectifs ou fragilité de nos équilibres contemporains. Mon travail tente ainsi d’habiter cette zone poreuse entre science, fiction, contemplation et expérience sensible.

J'aime je partage !