Il y a des espaces blancs au bord des pages. Ils nomment la poésie des livres. Avec eux le texte s’absente et laisse place à l’imaginaire de son lecteur. Le livre appelle la scène, ses blancs typographiques invoquent les images et les corps. Sur scène l’espace noir invente les temps blancs. Les temps blancs où l’on ne sait pas. Car en dehors des lignes noires d’un livre, on ne sait pas, on n’a plus d’histoire. Tout est de vapeur et la vapeur sort par les bouches et les oreilles qui pensent. Les temps blancs, ce sont les nuages de ces pensées brûlées sur la scène. Des spectacles écrits, cousus, montrés pour un théâtre inachevé.

La compagnie Les Temps blancs suit le fil de ces idées du temps. Elle invente des spectacles en explorant la poésie, la géographie, la topographie, les histoires de la pensée et de la science. Le théâtre y est l’outil d’une enquête de l’esprit aux prises avec des corps, des espaces et des durées. On y fait l’expérience du rire qui nous rend plus sensibles et plus vifs, de l’incompréhensible qui nous ouvre à la multiplicité du monde, de l’incomplétude du savoir et de sa difficulté, du beau, aussi parfois, quand on y parvient.

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