Porté par la scène conventionnée l’Odyssée, le festival MIMOS est un incontournable de la saison culturelle à Périgueux et depuis plus de 40 ans un événement assez unique dédié aux arts du mime et du geste. Le programme, IN et OFF, investit toute la ville et alterne créations audacieuses, rendez-vous familiaux, concerts du soir, ateliers de pratique et temps de rencontres.

TRAS s’associait pour la première fois à la journée professionnelle de recherche le 1er juillet. Trois équipes artistiques, toutes lauréates de l’appel à projets “recherche en théâtre et arts
associés” impulsé par la Direction Générale de la Création Artistique (DGCA) étaient invitées à partager les outils mis en oeuvre dans leur processus de création :

– La compagnie Troisième Génération, associée à L’Odyssée, nourrit son écriture de la scène par des techniques de mime, du montage cinéma et de la bande-dessinée. Cette approche
permet de conduire l’imaginaire du public, sans avoir besoin de recourir à l’explication narrative. Clémentine Marchand et Agnès Delachair, comédiennes et metteuses en scène de la Compagnie, créent leur spectacle à partir de faits réels et utilisent la technique de la dissociation entre l’intention du personnage au plateau et ce qu’il va faire par son corps. La dissociation, et dans la voix, et dans le mouvement, permet “d’étrangéiser”, de créer un “état quantique de la réalité”, une impression de non implication du personnage qui semble subir les choses.

– La Compagnie Les faiseurs de réalité basée en Belgique et membre du réseau. Yvain Juillard, bio-physicien, comédien et metteur en scène de la Compagnie, est venu expliquer comment il travaille à partir des des sciences cognitives et techniques de magie nouvelle. Les outils qu’il utilise dans sa recherche et qu’ils proposent au spectateur d’expérimenter reposent principalement sur des expériences méta cognitives. Il prend l’exemple du spectacle Cerebrum  : un cube blanc est suspendu au-dessus du plateau que tous.tes spectateur.rices voient plein alors qu’en réalité il est creux. “Ces expériences nous permettent de prendre conscience que la réalité n’est en fait qu’une illusion, à partir de la réalité le cerveau crée l’image la plus cohérente. A travers ces expériences, l’enjeu est de développer un autre regard sur nous-même”.

– La compagnie L’Instant mobile  : Arnaud Chevalier a présenté trois dispositifs, installations interactives qui invitent les publics à expérimenter autour de leur lien au paysage, au territoire qu’ils habitent. “Réduire ces installations au dispositif final, c’est occulter tout le processus de travail, or, c’est ce processus qui permet de créer de la pensée”.

 

L’après-midi était animée par Sofian Benzina, docteur en Etudes Théâtrales. Les échanges nourris entre le public et les équipes artistiques ont permis d’expliciter la notion de geste fantôme utilisée par la Compagnie Troisième Génération : amputer une portion de mouvement mais pour autant l’effet est produit car le cerveau comble les zones blanches. Il déteste les manques, les vides et anticipe toujours le futur. Le cerveau est toujours déjà dans la situation d’après.
La notion de “mentir vrai” et le mécanisme de distanciation utilisé par Brecht ont été évoqués. La distanciation qui permet de prendre conscience que la réalité que l’on vit est une illusion car elle passe par le prisme de la production de notre cerveau.

Il a été question aussi de physique quantique et comment notre regard transforme la chose regardée.
A propos des algorithmes, la prise de conscience nécessaire des intentionnalités qui se cachent derrière : logique de rentabilité, de profit…Le code, l’algorithme devraient être bien commun et non pas propriété privée.

 

En conclusion des discussion Nathalie Elain, directrice de l’Odyssée et du festival, a confirmé que la journée de recherche serait reconduite et étoffée l’an prochain.

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